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BURKINAFASO (2) - DE BOBODIOULASSO A BANFORA - JANVIER 2014

Publié le par JHLBORDO

mardi 14 janvier 2014 : Nous arrivons donc à l'AUBERGE CHEZ STEPHANE, français vivant depuis quelques années à BOBODIOULASSO avec sa femme. Ils accueillent les touristes dans leur maison qui a 3 chambres donnant sur une cour très agréable.     

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De la gare routière à l'auberge nous prenons deux taxis (6 €) et sommes accueillis pour un déjeuner tardif d'omelette et légumes. Après une douche bien méritée nous prospectons le quartier de BELLEVILE (eh oui) à la recherche d'un cyber espace. Il fait très chaud et c'est très loin. Bon enfin nous le trouvons mais pas facile de se connecter et un peu stressant. Chose faite nous retournons à l'auberge fourbus pour un diner sympathique arrosé de bière. Bavardage et couchage à 23h.

mercredi 15 janvier : petit déj et location d'un 4x4 pour la journée (40.000 FCFA + 10.000 FCFA pour l'essence). Départ avec le chauffeur et Stéphane comme guide. Route assez longue et visite du marché de BAMA dans la région des hauts bassins au sud de BOBO. Marché coloré, beaucoup de monde - achat de pagnes (les premiers) et continuation pour la visite d'un étuvage de riz 

    'BOBODIOULASSO - JANVIER 2014 (17)  BOBODIOULASSO - JANVIER 2014 (422)    BOBODIOULASSO - JANVIER 2014 (432)  

L'étuvage du riz local est une technique traditionnelle. Ce procédé de pré-cuisson du paddy donne un riz savoureux et qui gonfle mieux à la cuisson. ...
      Aujourd'hui toutes ces opérations sont pratiquées dans un même fût, doté d'un couscoussier, qui peut contenir 200 kg de riz. Muni d'un robinet pour vider l'eau après le trempage, d'un système de basculement qui facilite le transvasement du riz, ce fût est posé sur un foyer amélioré qui économise le bois et concentre la chaleur. L'eau bout plus rapidement. En une demi-journée, les femmes peuvent étuver 200 kg de riz alors qu'il leur fallait trois jours auparavant. Une fois séché sur des bâches, le riz est décortiqué et prêt à la vente.

Un travail risqué pour ces femmes. Stéphane achète son riz pour la cuisine de son auberge. Nous les quittons pour aller déjeuner au restaurant CASA VERDE dans un oasis au calme : poulet + riz à la tomate et de l'eau. Repos dans le jardin paradisiaque  

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Nous continuons notre journée par une visite dans la cour d'une dame qui tisse du coton et une couturière. Nous découvrons le pagne traditionnel tissé à la main qui est blanc et bleu, tout simple : 5 bandes cousues - rien à voir avec les pagnes batik venant de Hollande.    

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Nous achetons des tissus et un pagne traditionnel de 3m et discutons avec les femmes qui travaillent.BOBODIOULASSO - JANVIER 2014 (31)

Départ pour les maraichages de la vallée verte, immense, magnifique riche de cultures variées : papaye, bananiers, manguiers, choux, courgettes. L'arrosage se fait via un canal qui relie BOBO et le barrage sur le Mouloum. Promenade parmi les champs = havre de paix  

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Dernier parcours de la journée mais pas le moindre = embarquement sur deux pirogues précaires sur l'étang voisin où se trouvent des hippopotames. Très beau paysage, nénuphars à profusion et au loin les oreilles des hipos et leurs bruits. Le piroguier sait jusqu'ou il peut aller. C'est impressionnant. Nous patientons jusqu'à ce que les gueules s'ouvrent - pas facile à photographier...

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jeudi 16 janvier : Nous voulions louer des motos mais la circulation nous a paru un peu risquée, donc nous prendrons différents taxis pour visiter la ville de BOBO et commençons par la vieille mosquée DIOULASSO-Bâ : construction remarquable d'inspiration soudanaise érigé en 1880 - bâtie entièrement en banco et receouverte d'un enduit blanc - les minarets en forme de cônes sont criblés d'armatures en bois. Rénovée en 1998 à l'occasion de la Coupe africaine des nations que le Burkina accueillit.

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Nous arrivons en taxi (1500 FCFA), le guide SEBA nous attend (contacté par Stéphane) et nous visitons la mosquée avec le guide historique (1000 FCFA par pers). Intéressant et agréable.

Ensuite SEBA nous emmène visiter la vieille ville, ses ruelles, ses artisans, les fétiches, lieux de sacrifices - car la religion et les rites animistes cotoient la Mosquée. Ce quartier est habité par les descendants de SYA. Artisanat intéressant. En bas du village, le marigot du Houet sert à la fois de baignoire et évier. Il commence à faire très chaud.

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A midi nous prenons un taxi pour la GARE DE BOBO "SITARAIL" 

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La ligne de chemin de fer ABIDJAN-OUAGADOUGOU passant par BOBO a été construite entre 1905 et 1954 permettant ainsi l'exportation des produits de Haute Volta vers la métropole.

 Belle façade blanche. Nous entrons, peu de monde et interdiction de faire des photos. Nous allons au jardin SWAWAB à côté pour déjeuner : avocat au vinaigre et quelques frites + aloco et un peu de couscous - 1 bière pour tous. Pause très agréable.

Vers 15 h nous prenons un taxi pour aller visiter le Musée SOGOSSIRA SANOU,(1000 FCFA l'entrée) - Place de la Nation installé dans un beau bâtiment colonial  BOBODIOULASSO---JANVIER-2014--638-.jpgBOBODIOULASSO---JANVIER-2014--641-.jpg

exposition permanente d'objets coutumiers bobo, comme des masques, vêtements de guerre, bijoux sièges, etc...; enrichie par des expositions temporaires d'artistes locaux qui sont en général sur place dans le jardin. Intéressant. 

Nous marchons jusqu'au CCF (centre culturel français) créé en 1966 (service de l'Ambassade de France au Burkina) diffuse les créations artistiques et culturelles avec de nombreux concerts, spectacles de danse, etc... Il a un jardin très agréable. Nous visitons une expo d'art contemporain et la salle de spectacles. 

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Après un jus d'orange rafraichissant, nous repartons en taxi à notre Auberge pour une douche afin de repartir encore en taxi diner au restaurant BOIS D 'EBENE car il y aura aussi un concert. Diner sympa mais les musiciens ayant mis 2 h à faire leur balance, nous n'avons pas pu tenir plus longtemps et dernier taxi de la journée pour aller dormir...

vendredi 17 janvier :Petit dej à 8 h et départ organisé par Stéphane, avec le même 4 X 4 pour visiter les environs de BOBO dont le village troglodyte de KORO (15km) à l'est - construit sur un piton (3000 habitants) - architecture bobo : maisons en banco et toitures en terrasse offrent une vue panoramique sur la plaine et les falaises de BANFORA qui prennent naissance dans la région. Le village parait vide (montée un peu raide et il fait déjà chaud) : les hommes sont aux champs en bas ou à la carrière - quelques femmes dans les cases qui apporteront le repas aux hommes et remonteront l'eau. Un guide nous dirige dans les sentiers (1000 FCFA/pers). Trois quartiers : celui des paysans (qui n'occupent pas le village toute l'année), des forgerons = animistes et le quartier des Dioula = commerçants, musulmans ou catholiques. Nous voyons quelques fétiches. En bas un jardin botanique (que nous ne verrons pas) développé par un agronome français et ses équipiers burkinabés sponsorisé par la maison DIOR qui trouve dans la région quelques essences pour ses parfums....

Déjeuner en ville au TRIGONE vers 13 h = poulet bicyclette + frites (15 € pour 5). Repos et départ à 14 h 30 pour visiter le "Musée de la Musique d'Hier et d'Aujourd'hui" sur le Bld de la Nation. Depuis 2002 ce musée expose divers instruments (plus de 60). La musique est un des arts majeur du BURKINA : tambour, balafon, bara, doumdoum, flûte et autre harpe-luth, collectés auprès de différentes ethnnies du BURKINA depuis 1993. Visite guidée (2000FCFA/pers) bien menée et film documentaire sur l'évolution de la musique. Visite très intéressante - association pour la sauvegarde ASPAC

Après cette visite culturelle, nous partons pour la forêt de KOU (1000 FCFA/pers l'entrée) à 20km de BOBO, en direction de NASSO = La forêt classée du Kou s'étend sur 115 hectares entièrement clôturée. Deux rivières la traversent. Le Kou et La Guinguette, son affluent. Le long de la piste bien tracée, sous l'ombre des grands arbres et toujours proche d'une des deux rivières, la promenade est instructive et rafraîchissante.BANFORA-JANVIER-2014--157-.jpg

La traversée des ponts, modèles modernes des ponts de lianes, nous amènent entre les arbres et l'eau limpide. Les racines des fromagers nous invitent à nous mesurer à leur gigantesque taille. Cette promenade est une découverte de la nature. Nous allons ensuite à La Guinguette et son barrage offre un plan d'eau sympathique et alimente en partie l'eau potable de la ville de BOBO. Baignade interdite mais plage aménagée à DINDERESSO où l'activité principale est désormais l'exploitation de 600 hectares d'anacardiers et la transformation des noix de cajou "bio". La guinguette doit son nom au premier classement de la forêt de KOU en 1942. Lieu de repos des soldats français, elle fut nommée ainsi en référence aux petits établissements très prisés des parisiens et situés sur les bords de la Sein et de la Marne.

J'avais contacté notre guide malien depuis la France pour savoir s'il pouvait nous rejoindre à BOBO ou BANFORA et faire une surprise aux amis présents qui étaient aussi au MALI en 2010 et 2012 - Il pouvait venir et j'avais mis Stéphane dans le secret. Stéphane m'annonce qu'il est arrivé à l'Auberge et nous attend. Par contre nous avions prévu un concert le soir même au C.C.F. Nous rejoignons donc l'Auberge à 18 h et AMADOMO est là, dans le jardin près de son sac et nous sommes heureux de le revoir et de le prendre en mains pour qu'il passe quelques jours avec nous. CBANFORA-JANVIER-2014--7-.jpg'est la première fois qu'il quitte son pays (nous avions pu l'aider à obtenir son passeport en 2013). Il est tout content et tranquille comme d'habitude. Il a voyagé en autocar toute la journée de BAMAKO à BOBO.

Nous prenons une douche et passons tous à table pour des tartines à l'avocat et des oeufs + une bière. Nous laissons DOMO se reposer à l'Auberge et partons en taxi au C.C.F. pour le concert du chanteur. ??...qui n'aura duré qu'une heure dans la salle en plein air. Avons eu du mal à trouver un taxi pour le retour et regagnons nos chambres à 23 h. A 4 h du matin nous sommes réveillés par un orage qui durera jusqu'à 6 h 30 !! impressionnant. Pluie assez rare en cette saison et bonne pour les maraichages. C'est notre dernière nuit à BOBO.

VOIR ALBUM "BOBODIOULASSO"

 

samedi 18 janvierNous quittons l'Auberge à 9 h en 4x4 pour BANFORA - 1 h 30 de route mais il n'y aura pas assez de place pour un 6ème passager alors DOMO prend un minibus pour nous rejoindre à BANFORA et nous arrivons donc à notre logement LA CASE DE MARION et sommes accueillis par Marion et son compagnon. Jeune française attachée à ce pays. BANFORA-JANVIER-2014--155-.jpgLa maison est très agréable ainsi que son jardin. Nous discutons de notre programme pour nos 5 jours de visite. Il fait faim et allons déjeuner tous les 6 au CALYPSO pas loin = riz sauce arachide + eau + café = 8.000 FCFA pour 6.

A 14 h 30 DRISSA, qui sera notre guide, vient nous chercher et partons chez la marchande de tissus pour les 4 touristes qui ont envie d'avoir une robe locale (4.400 FCFA pour 2 pagnes). Le couturier plus loin prend nos mesures et la commande est passée. Son travail coûtera 1.500 FCFA la robe et nous donnerons un peu plus pour ses enfants tellement la somme est dérisoire. 

DRISSA nous emmène avec le 4X4 sur un site dans la brousse où se travaille la vannerie. Il y a des palmiers rôniers, un guide nous attend (1.000 FCFA/pers) qui va nous faire descendre dans des caves/trous par une échelle où se trouvent des femmes qui créent des paniers, des dessous de plats, des corbeilles dans la pénombre. La raison est que la palme du rônier ne se travaille pas au soleil puisqu'elle doit être humectée. Travail pénible et des conditions difficiles.

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Nous voyons leurs yeux et oreilles mais pas tellement plus - ils rugissent doucement et le coucher de soleil flamboyant inondant le lac, nous regagnons la rive sain et sauf. Notre guide malien est lui aussi émerveillé et sommes contents de lui faire ce plaisir en terre burkinabé.Nous les quittons pour aller sur le lac de TENGRELA (10km de BANFORA) qui est magnifique recouvert de nénuphars. Nous embarquons tous les 6 sur 2 pirogues plutôt précaires - le piroguier s'approche des hippopotames - c'est impressionnant - ils sont 6 aussi. BANFORA-JANVIER-2014--67-.jpg

Retour à l'auberge, douche et DRISS nous accompagne au resto MAcDO -  he oui. Le lieu est amusant, plein de couleurs, objets, posters. Diner de brochettes de boeuf + frites + yaourt et bière (19.700 FCFA pour 6). Un groupe de suisses sympa termine leur repas.

Le serveur, SILIKA, nous dit qu'il y a des musiciens au maquis FASO tout près et nous y emmène son service étant terminé. En effet, il y a un orchestre mais le son n'est pas très bon ce qui ne nous empêche pas de danser un peu en attendant que DRISSA vienne nous chercher à minuit et au lit.

dimanche 19 janvierAprès le petit dej : pain, confiture et café (1000 FCFA), nous partons au marché à pied avec MARION pour guide. La foule colorée est sympathique - nous achetons des boules de beurre de karité (ce beurre est réputé et exporté), des paniers, du tissus, etc...et partons de l'Auberge avec un pique nique pour les voir les Cascades de KARFIGUELA à une quinzaine de km : beaux paysages verdoyants, champs de canne à sucre verts, forêt magnifique. Nous laissons le 4x4 et après un droit d'entrée de 1000 FCFA/pers nous suivons une très belle allée bordée de kaïcedras et de manguiers (plantés du temps de la colonisation), de kapokiers et de papayers, jusqu'au pied des chutes. BANFORA-JANVIER-2014--181-.jpgNous nous installons sur ce décor de roches érodées par l'eau de la petite rivière Koba, affluent de la Comoé qui prend sa source sur la falaise de BANFORA. Pique nique de salade de riz et repos très agréable allongés sur nos paréos/nattes - certains vont se baigner et profitent d'un massage sous les chutes. Vers 16 h nous accèdons au sommet d'où l'on a une très belle vue sur le paysage rural et la déclivité vertigineuse des cascades. Il fait très chaud. Nous continuons la promenade qui nous amène aux dômes de FABEDOUGOU que nous apercevons de loin. Spectacle étrange et fascinant = dizaine de roches de grès érodés et d'une cinquantaine de mètres de hauteur ressemblant à des champignons. Nous pourrions les atteindre mais il fait tellement chaud car nous devrons faire le chemin du retour de 6km et la nuit va bientôt tomber. Nous faisons une photo de groupe devant les champignons....

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Nous repartons en ville à la CASE DE MARION après une petite bière au campement pour la route. Douche et DOMO doit repartir sur BAMAKO. Marion lui trouve un bus sur la Cie RAKIETA à 19h qui l'amènera à BOBO où il passera la nuit chez le frère de DRISSA pour prendre tôt le lendemain matin un autocar pour BAMAKO. Nous lui disons au revoir en lui promettant de retourner au MALI.... Nous n'avons pas l'envie de sortir et dînons sur la terrasse de l'auberge : avocat et tagine de pommes terre douces + semoule et aubergines = très bon et belle nuit - petite coupure de courant rend la soirée plus romantique. Silika vient nous rejoindre pour bavardages et on va se coucher. 

lundi 20 janvier : Petit déj et pilotés par Marion visite de la Pharmacopée du Docteur Zéphirin DAKUYO, pharmacien qui développe la médecine traditionnelle à base de plantes depuis 1983 à BANFORA et a créé les Laboratoires PHYTOFLA. Nous le rencontrons dans son bureau et il nous explique sa passion et son travail. Sa fille nous accompagne aux différentes étapes de la fabrication des poudres : arrivage des plantes, séchage, tri, nettoyage, broyage, mélange + mise en sachets, etc...   impressionnant. Le Dr DAKUYO fut directeur de l'hôpital de BANFORA. Nous faisons quelques achats de produits.

Je comprends maintenant pourquoi il y a des vendeurs de médicaments de plantes dans les autobus.

          Les laboratoires PHYTOFLA créés en 1983, sont la première fierté de la pharmacopée burkinabè. Son fondateur, le Docteur Zéphirin P. DAKUYO, Pharmacien Chercheur, spécialiste en médecine africaine est une figure emblématique nationale et africaine de la pharmacopée africaine. A son actif, une soixantaine de phytomédicaments qui sont commercialisés via les circuits officiels pharmaceutiques au Burkina Faso, en Afrique et en France. De plus, les laboratoires PHYTOSALUS du Père César Fernandez de la Pradilla (Espagnol étudia les plantes dès 1975) sont la preuve de l’extrême richesse de la pharmacopée burkinabè. Le Père César est sans doute l’un des pionniers de la valorisation de la pharmacopée burkinabè. Sa phytopharmacie présente aujourd’hui plus de 200 produits indiqués dans diverses pathologies.

A 11 h départ à la maison des enfants sans ressources tenue par LAMINE - gouter et concert de balafon financé par nos soins et concert de Cathy (TIKA) pour faire chanter les enfants - "Association LA GARE". Nous saluons beaucoup de petits enfants qui vont se mettre à table dans la cour - au moins une trentaine. On leur sert leur assiette de riz gras et nous les rejoignons également pour le repas. Le groupe de balafon que nous avons payé (15.000 FCA) commence à jouer et les enfants si petits dansent tellement bien.

                      VIDEO    A "ASSOCIATION LA GARE"  DANSE DES ENFANTS

Cathy prend sa guitare et fait chanter les enfants. C'est émouvant - ils semblent heureux. Un musicien a aussi une guitare et fait un boeuf avec Cathy. 

VIDEO    TIKA CHANTE POUR LES ENFANTS DE "L'ASSOCIATION LA GARE"

Nous les quittons et passons à l'auberge prendre un café et allons voir le fabricant de balafons (1000 FCFA/pers). Construction intéressante et ingénieuse

=  il est composé d'une structure de bois légère nouée avec des lanières en cuir, sur laquelle des lames en bois dur sont rangées en taille et hauteur croissantes (plus les lamelles sont courtes, plus le son est aigu) et des paires de petites calebasses sont placées en dessous formant des caisses de résonance. Parfois ces calebasses sont percées et les trous sont recouverts de membranes qui vibrent.

Nous les quittons et passons chez le couturier pour essayage de nos robes = quelques petites retouches et les portons le soir même car Marion nous propose de l'accompagner à une fête de mariage musulman - ce qui nous ravit. 

Nous arrivons donc sur un immense espace où il y a beaucoup de monde. Les femmes ont des toilettes magnifiques, plus belles les unes que les autres. Elles dansent en formant une ronde, les musiciens jouent très fort et une femme annonce au micro les cadeaux qui sont remis par chacune aux mariés qui sont assis au centre. La poussière est envahissante ainsi que le bruit - nous ne tenons pas longtemps et partons en ville diner à la terrasse du restaurant CALYPSO beaucoup plus calme et agréable = spagettis, sauce, bière et du poulet yassa + des crêpes. Bonne fin de soirée.

mardi 21 janvier : Après le petit déj nous partons pour 2 jours dans le Sud, à 50km de BANFORA pour explorer les Pics de SINDOU et NIANSOGONI à 85km.

Nous faisons 2 h de route en 4X4 et déposons nos affaires pour réserver nos cases au campement SOULATRA : des bungalows et des douches externes avec une grande cour agréable. Ce campement a été crée en 2009 par une association de tourisme solidaire SOUTRALA TERYA et est présidée par TIEMOKO qui sera notre guide pour SINDOU. Une partie des revenus aide au soutien scolaire, hébergement pour les enfants orphelins, bibliothèque. Nous avons 3 cases pour le prix de 11.000 FCFA pour une nuit.

Vers 11 h nous partons pour visiter le village troglodite de NIANSOGONI où nous arrivons à midi en pleine chaleur. Pas très facile pour grimper pendant 2 h (A/R) mais ça en valait la peine. Nous arrivons au sommet de la petite falaise accompagnés d'un guide local et une fois en haut la vue vaut le coup de sueur (plaine du Mali et Côte d'Ivoire). Les restes du village nous rappelle l'habitat dogon dans la falaise de Bandiagara au Mali - Ce fut le refuge dugroupe ethnique Ouara menacé par les Sénoufo. Le village est abandonné depuis 1980 mais il y a quelques restaurations en cours et nous voyons donc des minuscules cases de banco et des greniers adossés contre la paroi. C'est impressionnant.

r1.A BANFORA JANVIER 2014-copie-1r8.A BANFORA JANVIER 2014

Nous redescendons et buvons pour étancher notre soif. Retour au campement et repas à 14 h 30 de couscous. Une petite sieste sur des matelas en plein air. Drissa qui conduit aussi le 4X4 nous emmène dans son village, KANDALBA car il a demandé aux musiciens de faire un concert de balafons (15.000 FCFA). Nous arrivons et presque tout le village est là et nous accueille. Les femmes nous donnent du dolo (bière artisanale de sorgho et mil) à boire pour nous souhaiter la bienvenue comme le veut la tradition. Ils jouent et dansent et nous invitent à en faire autant = pas facile dans le nuage de poussière qui commence à grossir. Retour par la piste au campement. Il fait nuit et nous rencontrons des motards français qui font étape (ils viennent de OUAGA....) ils sont courageux mais il y a des agences qui favorisent ce moyen de découverte du pays.

Diner de riz gras, discussions et ablutions et au lit.

mercredi 22 janvier : Après le petit déj nous partons avec nos sacs à 8 h 30 en 4x4 pour 10mn acccompagné du guide TIEMOKO du campement et arrivons aux pics de SINDOU. Homme énergique avec qui nous rentrons dans ce site fascinant (2.000 FCFA/Pers), très étendu et avec les pics de grès jaillissants de 300 à 440m d'altitude - ils sont considérés comme étant les ancêtres des Sénoufo. u5.A BANFORA JANVIER 2014Le guide veut promouvoir l'artisanat et la culture du pays Sénoufo au Burkina qui a su résister aux diverses influences extérieures et ainsi conserver des rites ancestraux. Le plateau a 3km de long et 1 km de large.

u9.A BANFORA JANVIER 2014w2.A BANFORA JANVIER 2014

Il s'agit encore de la même chaîne montagneuse qui court des cascades jusqu'aux falaises de Bandiagara au Mali que nous connaissons bien. Nous déambulons entre les roches sculptées par le vent. Hélas il faut continuer notre route et nous nous dirigeons vers DOUNA (notre guide retourne à son campement) qui se visite depuis 2010 (1.000 FCFA/pers) - nouveau guide pour se diriger dans des grottes, pics - les Turkas s'y réfugièrent au XIXe siècle - cavernes où se tenaient des réunions de chefs, de sorciers, une infirmerie, prison.... - moins beau que SINDOU.

Après ces visites trop courtes, nous reprenons la route du retour sur BANFORA via une piste difficile (trous d'eau) pour atteindre le barrage et son lac artificiel de toute beauté - immense. Nous aurons un pneu abîmé et devrons en payer la réparation - normal car avions insisté à faire ce détour.... 

Au Burkina Faso, le Pays Sénoufo n'est pas uniquement peuplé de Sénoufos mais aussi d'autres peuples comme les Turkas ou les Tyefos. Ces ethnies vivent en bonne entente, utilisant le plus souvent la "parenté à la plaisanterie" pour désamorcer d'éventuels conflits. La société Sénoufo se forme en clans et l'autorité de chaque clan revient au patriarche. La capitale du Pays Sénoufo, Sindou, reste un village.

Un lieu différent du reste du BURKINA FASO, dans un endroit où la nature est mise en avant et où la population vit en harmonie avec elle. Au niveau du relief, on abandonne le "plat" et la monotonie du paysage burkinabé, pour se trouver en face de petites collines verdoyantes au moment des pluies. Les Pics de Sindou sont un lieu où la nature a sculpté la roche et offre un éventail de statues géantes, mais aussi un lieu chargé d'histoire où se sont installés les ancêtres du peuple sénoufo, et encore un site voué aux rites animistes pratiqués encore aujourd'hui.

Nous sommes de retour à l'Auberge trop tôt vers 15 h un peu fatigués et il fait tellement chaud. Nous décidons de sauter le repas car pouvons grignoter du sésame et des bananes et filons au Palace "HOTEL DES CASCADES" car savons qu'il a une piscine. Nous payons un droit de 2000 FCFA et quel bonheur de se plonger dans l'eau et s'affaler sur les transats - il n'y a personne et profitons du calme et du décor. Nous rencontrons quand même un français qui travaille dans la région et vient se baigner ici souvent.

Drissa vient nous chercher à 18 h. On se change et nous allons passer notre dernière soirée au restaurant de l'hôtel réputé de BANFORA, le "CANNE A SUCRE" (il ya des petites villas et une piscine). w8.A BANFORA JANVIER 2014Cadre très agréable sur la terrasse au calme et une bibliothèque accessible aux passagers... Notre diner : avocat vinaigrette, steak de Zébu avec des pommes de terres sautées à l'ail et une bière (12 € par pers).  Nous rentrons à LA CASE DE MARION pour notre dernière nuit et dernière discussion sur la terrasse sous les étoiles avec SILIKI (du resto McDO). Nuit paisible.

jeudi 23 janvier : petit déj à 7 h et paiement de la facture de notre séjour. Nous disons au revoir à DRISS et MARION nous accompagne à l'autocar de la Cie RAKIETA que nous prenons à 8 h 30 au 1er rang...pour rentrer à OUAGADOUGOU via BOBODIOULASSO pour changement d'autocar climatisé et sommes au milieu. On mange du pain et des bananes. Arrivée à 17 h à l'hôtel ZEM BATIK (où nous avions logé à notre arrivée début janvier). Nos chambres sont d'ailleurs moins bien mais pas de problème. Je reste à l'hôtel tandis que mes amis partent rejoindre Mme KOUYATE à l'école WANDE qui nous a invités à une fête...Ils ont eu beaucoup de mal à retrouver le lieu avec le taxi et la fête était presque terminée à leur arrivée.

Quant à moi, diner tranquille dans le jardin du ZEM : steak + aloko + bière.

vendredi 24 janvier : 7 h 30 avant le petit déj, nous avons la chance de voir la cérémonie du FAUX DEPART DU MOGHO NABA de son Palais, voisin de notre hôtel. L'attente est longue mais nous ne sommes pas pressés. Cette cérémonie a lieu tous les vendredis matin et attire moult chefs de villages avoisinants, touristes et notables. Interdiction de photographier, de porter une casquette et nous devons avoir une attitude discrète. En effet nous voyons d'abord sortir ses ministres.

Mogho-Naba-copie-1

Le Mogho Naba souverain très respecté par les MOSSI, est le gardien des coutumes, le chef suprême de l'administation, de l'armée et de la justice. Il est assisté dans la gestion du pouvoir par un conseil.

La cérémonie s'inspire de faits, selon un rituel qui ne change pas. Elle débute par l'arrivée des ministres du Mogho Naba qui s'installent devant le palais dans leurs atours de fonction et selon un ordre préétabli déterminé par leur importance respective dans la hiérarchie de la Cour. Un cheval sellé et une sorte de gros mousquet attendent l'arrivée du Mogho. Lorsque ce dernier sort du palais, tout vêtu d'un costume rouge, les ministres et les dignitaires de la cour entament leurs supplications de ne pas partir en guerre. Le Mogho Naba se ravise alors et rentre dans son palais pour en ressortir quelques instants après s'être vêtu d'un costume blanc. Il est alors acclamé par des applaudissements et par une salve de mousquet. Ensuite, il accueille ses sujets dans son palais, venus le consulter et répond à leurs requêtes.

Retour à l'hôtel pour le petit déj à 9 h. Nous profitons de notre dernière journée et partons certains en moto taxi (2.500CFA), et moi en taxi (500 FCFA) pour l'Institut Français. Nous assistons à une répétition de ballet contemporain au théâtre de l'Institut : 6 danseurs dont 1 handicapé + orchestre Compagnie Irène Tassembedo "Le manteau" - en effet il y a le 2ème festival international de danse qui va commencer créé par Irène en 2013. Déjeuner à la K.FETE de l'Institut : pizza + bissap. Il y a une expo "Route du papier" très intéressante et un petit film sur l'artiste Margueritha del BALZO = travail magnifique. Voir sa vidéo.OUAGA - JANVIER 2014 (182)

Nous flanons dans la bibiliothèque et nous partons tous en taxi-moto (très secoués) visiter le parc zoologique de OUAGA (500 FCFA/pers) = havre de paix : lac et ses crocodiles, oiseaux, chêvres, joggers, pépinière... Belle porte d'entrée.

Nous prenons un taxi cette fois vers 18 h pour rentrer à l'hôtel. Douche et nous dinons chez Anita, resto à côté comme à notre arrivée...= notre dernier poisson capitaine + haricots verts... 29.650 FCFA pour 5. Mme KOUYATE et un chauffeur arrivent en 4x4 pour nous vendre des vanneries dessous d'assiette à 2.000 FCFA pièce ? Bon Cathy et Alice en achètent.

VOIR ALBUM photos de BANFORA

Départ en taxi pour l'aéroport de OUAGA à 21h45 (2.500 FCFA). On enregistre et on croise, Marcel, burkinabé artisan bois et sculptures que nous connaissions de notre hôtel. Dernier pot dans un maquis près de l'aéroport. On décolle à 1 h du matin avec la RAM - escale technique carburant à NIAMEY (40mn de vol). Autre escale à CASABLANCA à 6 h 10 - décollage à 7 h 30. Escale à NANTES à 10 h 15 (non prévue) - décollage à 10 h 55 et arrivée à BORDEAUX à 11 h 50 !!. Les béarnais prennent le train pour rentrer chez eux....