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CHANTAL AU MALI POUR UN MOIS EN NOVEMBRE 2009

 

Une amie de Montpellier, Chantal, a décidé de partir seule au MALI en novembre 2009 pour avoir aussi sa première expérience en terre d'Afrique et donc explorer le Pays Dogon, Tombouctou et BAMAKO - Ci-après ses récits du Pays Dogon reçus par INTERNET presqu'en direct et dont le sens humanitaire nous a tenu en haleine.

 

Récit de Chantal en Pays Dogon et TOMBOUCTOU

"Awn ni tilée"

Merci pour vos messages de soutien et d’encouragements.

Ici, au MALI, c’est toujours grand bleu et au-dessus de 30° sauf la nuit qui peut être vraiment très fraîche. Après avoir été hébergée chez « l’habitant », j’ai opté pour les « campements », hôtels où il y a aussi des dortoirs (4 à 6 lits par chambres) ; j’y suis le plus souvent toute seule.

J’ai aussi fait deux nuits « à la belle étoile »…. un peu frais tout de même.

C’était le cas la nuit dernière car j’ai fait une petite incursion dans le désert en dromadaire . J’ai pu voir de près comment s’installent les Belha (ou bella ?) et les touaregs quand ceux-ci sont dans cette partie du désert. Partie qui ressemble plus à la savane qu’au Sahara car on y a planté des arbres dont beaucoup d’épineux pour retenir le sable qui envahit déjà grandement Tombouctou. Il y pousse aussi une sorte d’herbes à épine qui est sèche et sert de nourriture aux moutons, chèvres, vaches et dromadaires des touaregs (et à couvrir les pantalons, socquettes et basquettes de "picous" qu'il faut enlever un à un !!

J’ai pu suivre le déroulement d’une de leur journée : celle de la femme qui s’occupe de la maison (y compris la construction), des enfants et celle des hommes qui s’occupent du bétail, des touristes (quand c’est le cas), de faire le thé, d’aider la femme quand c’est nécessaire. Les enfants sont culs nus particulièrement les plus petits ; je suppose que c’est pour les pipis-cacas. Lorsqu’il y a besoin de nettoyer les petites fesses cela se fait avec une paille ou brindille rigide ; à entendre le gamin ce ne doit pas être très agréable ! La rencontre de tous les bergers, le matin au puits pour faire boire leurs bêtes est aussi un moment qui m’a beaucoup intéressée. J’ai aussi participé, très humblement, au montage de l’ossature d’une « tente » Belha, etc, etc.

C’est donc mon dernier jour à Tombouctou que j’ai visité grâce à un jeune guide très gentil mais filou au possible : la faim rend astucieux ! Mais la négociation ça me connaît aussi... sauf pour les prix : là j'ai encore des progrès à faire mais je pense ne pas trop mal m'en sortir.
Tombouctou est à découvrir ; une ville dans le sable, en banco pour la plupart des maisons, quelques unes sont en pierre calcaire, beaucoup de Belhas aussi au sein de la ville habités par les plus pauvres.
Partout le nom de Kadafi est en suspend depuis qu'il a investi quelques milliards pour un canal qui rejoint le centre ville au Niger, plus la construction (en cours) d'un super complexe hôtelier qui en fait rêver plus d'un.

Mon guide a très bien compris l'esprit de mon voyage et m'a permis de rencontrer un instituteur, un tailleur chez qui j'ai mangé, un artiste défenseur de la culture Tombouctienne. Toutes ces rencontres ont été très intéressantes.

J'ai fait aussi un voyage Mopti - Tombouctou en 4x4 (et quel 4x4!) que je ne suis pas prête d'oublier avec arrêt au millieu de nulle part dans le sable mais où j'ai bu du thé offert par des villageois en pleine nuit, etc.

Mon précédent mail j'étais à Djenné où j'ai été hébergée par Diami qui m'a fait visiter l'hôpital. Et bien sûr nous avons discuté santé. Une recrudescence du Paludisme et autres fautes de traitement suffisant ou dans les temps.

Ce soir je prépare mon départ pour le pays Dogon (là-bas pas d'internet).

Je poursuis donc ma route vers le pays Dogon, via Bandiagara puis Indélou.

C’est le Directeur du collège à Bandiagara, qui est venu me chercher. Il m’héberge et m’accompagne le lendemain au village Dogon. (Il aussi est le contact local de l’association MEREBARA INDELOU créée par Monique à BAZAS en France).

Il me raconte le collège : 125 élèves par classe, des enfants qui font jusqu’à 13 km tous les matins et tous les soirs, des toute jeune-fille qui se laissent séduire à la pause méridienne (entre 12 et 15h) car elles ne peuvent rentrer chez elles et sont une proie facile, les naissances en cours d’année scolaire. Comment il va parler aux parents pour qu’ils ne rejettent pas leur fille mais au contraire l’aident pour qu’elle puisse retourner en classe (1 semaine après la naissance !), le manque de tout : du nombre de professeurs au nombre de bancs (4 ados par banc !), etc. Seule, là encore, la débrouillardise et les partenariats permettent à l’école de fonctionner.

Rendez-vous est pris pour le jeudi (mon retour de Indélou – c’est-à-dire aujourd’hui) pour aller voir sur place. Entrer dans ces classes surchargées avec tous ces ados « avenir du Mali » et ce « laisser pour compte » palpable m’a beaucoup émue.

Bien loin de se décourager ils ont créé un bibliothèque que les enfants ont l’air d’apprécier. Pendant que je discute avec eux, il adresse une Nième lettre aux autorités compétentes pour la réparation du toit de son bureau (que je qualifie gentiment de vétuste) qui prend l’eau.

Je reviens au Pays Dogon qui est une falaise de plus de 200 km de long. INDELOU se trouve dans son extrémité sud, la moins touristique (tant mieux je suis un peu sauvage) mais quand même très très joli. Le plateau est sec et peu cultivé. Le bord de la falaise est plus accidenté avec les rochers qui surplombent des terres cultivées grâce à l’eau des puits creusés à moins de 10 m. Les villages sont perchés sur la roche. Les habitations cubiques sont en banco, leur toit en terrasse servent pour faire sécher mil, sorgho, oignons, etc, ou à dormir en saison chaude.

INDELOU a 2 campements. Je m’installe au « Campus » chez Abel, un homme adorable d’une trentaine d’années, qui me bichonne pendant les 5 jours de mon séjour. Je dors dans une case en banco. Un matelas posé sur une natte dure, une petite table et un fil (à linge) où je suspend toutes mes affaires, chaussures comprises. C’est propre mais mon cerveau d’européenne imagine des petites bêtes qui voudraient se cacher partout.
Abel me fait visiter les alentours : le plateau, la falaise et d’autres villages, la plaine au pied de la falaise. D’en bas elle est impressionnante. Des trous ont été aménagés dans sa paroi par les 1ers habitants du lieu, les « télems ». Des pygmées qui sont partis s’installer beaucoup plus au sud il y a très longtemps.

La vie du village est réglé d’une part sur le soleil et la lune (lever à 5h30 – coucher à 21 h car il fait nuit déjà depuis 3 h) et la culture et l’élevage pour vivre. L’eau du puits est portée par les femmes et les enfants dans des seaux ou calebasses posés sur la tête. Le fonctionnement du village est très démocratique à faire rougir nos politiciens. Les enfants vont à l’école : 3 classes mixtes. Pour les soins, c’est s’il y a l’argent : pour l’essence car le docteur est en ville, pour les unités téléphoniques car l’infirmier se déplace sur toute la falaise. S’il y a l’argent il y a toujours un 2 roues prêté et un chauffeur volontaire.

Le coin est vraiment superbe, les couchers du soleil aussi. Mais comment vous les décrire.